FOOT AUTOARBITRÉ À 5 : «L’AUTOARBITRAGE EST PLUS SIMPLE À METTRE EN PLACE AVEC DES ÉTRANGERS»

Le football autoarbitré à 5 sera pour la première fois organisé au sein d’une compétition CSIT lors des prochains Jeux sportifs mondiaux. Il s’agit de l’introduction officielle de l’autoarbitrage à l’international qui n’aurait pas été possible sans une implication forte de la FSGT. Thomas Valle, actuel président de la commission technique du football CSIT et membre de la commission fédérale d’activité football de la Fédération, revient pour nous sur cet événement.

Toi qui travaille dans la commission technique et qui a poussé pour que ce tournoi existe, peux-tu nous en dire un peu plus sur l’apparition du football autoarbitré à 5 aux prochains Jeux ?

Le départ ce sont les Jeux sportifs mondiaux de Varna en Bulgarie en 2013. Il y avait eu beaucoup de problèmes d’arbitrage dans le tournoi de Football à 11 liés en grande partie au nombre élevé d’arbitres bulgares. Pour des raisons économiques, la majeure partie des équipes n’envoyaient pas d’arbitres pour accompagner les joueurs.

À l’époque la FSGT avait proposé de mettre en place l’activité de Football à 7 autoarbitré pour résoudre les problèmes d’arbitrage. Le président danois de la commission technique avait repoussé l’idée. Lorsqu’il a démissionné en 2014, on s’est dit que c’était le bon moment et on est entré dans la commission technique avec l’objectif d’introduire l’autoarbitrage à court terme dans les compétitions CSIT.

On a profité du Festival des innovations sportives organisé par la FSGT au mois de juin 2016, pour mettre sur pied un tournoi international de football autoarbitré à 7 dans le but de faire un test grandeur nature. Si ça fonctionnait, l’autoarbitrage pouvait faire son entrée aux Jeux de Riga. Et comme tout s’est bien passé…

Peux-tu nous dire les principales différences entre le football à 11 classique et le football autoarbitré (à 5 ou à 7) ?

En football autoarbitré à 7 le terrain est plus petit, et tout le monde touche le ballon.  C’est un foot qui est résolument plus offensif. Il n’y a ni tacles ni hors-jeux et il y a énormément de buts, 6 ou 7 en moyenne par match. Cela permet de dédramatiser le but encaissé et a un réel impact sur la violence que l’on peut retrouver dans le football classique. Ce qui est fondamental, c’est la responsabilisation des pratiquants. Les mecs qui viennent sont acteurs de leur pratique. Sans l’adversaire tu ne peux pas jouer car c’est avec lui que tu construis le match.

Le football à 5 existait déjà à la CSIT, on a donc choisi de faire un football autoarbitré à 5. L’espace est encore plus réduit (20 mètres sur 40) et il y a une densité de joueurs plus importante. Ceci va générer potentiellement plus de contacts entre les joueurs, ce qui constitue une véritable inconnue pour moi.

L’autoabitrage à l’international cela ne coule pas de source, beaucoup pensent que ce sera compliqué à mettre en place. Quelle est ta position ?

Finalement l’autoarbitrage est plus simple à mettre en place avec des étrangers car les joueurs ne parlent pas la même langue et cela accélère la prise de décision. C’est binaire, il y a faute ou il n’y a pas faute et voilà, le jeu reprend. C’est finalement beaucoup plus efficace.

Lors du Tournoi international de football autoarbitré à 7 en 2016, il n’y a eu aucun problème culturel contrairement à ce que beaucoup avaientt prédit. Si les gens viennent pour jouer avec un bon esprit, tout se passe bien. L’enjeu ne dépasse pas le jeu.

L’équipe de France FSGT qu’on envoie aux Jeux, c’est une équipe de militants du Foot autoarbitré à 7. Ce sont des joueurs qui connaissent bien l’activité. Des gens responsables, qui savent d’où vient l’autoarbitrage. C’est important pour moi d’avoir une équipe qui est capable de parler de cette activité et de la défendre, ce seront mes relais sur le terrain. Ils ne vont pas saborder le navire.

Pour toi, quels sont les enjeux avec l’organisation de ce tournoi et quelles sont tes craintes ?

L’enjeu fondamental c’est de montrer que l’autoarbitrage est possible à l’international. Si on se rate, cela va être plus dur de le défendre pour l’avenir. Mais même si on réussit, cela ne suffira pas, il faudra continuer à faire du forcing pour installer durablement l’autoarbitrage dans les compétitions CSIT. Ces dernières années, la CSIT a tendance à reproduire les règlements des fédérations unisports traditionnelles, et nous on arrive avec une grosse nouveauté donc ce n’est pas gagné.

Ma crainte c’est la présence d’équipes qui n’ont pas compris que cela allait être du football autoarbitré. Mais c’est également un espoir car si elles s’aperçoivent que cela fonctionne, on les aura convaincu. On sait d’expérience, en France, que les matchs se passent bien mieux quand il n’y a pas d’arbitres.

Photo : Match de football autoarbitré à 7 (Japon-Palestine) lors du dernier Festival des innovations sportives / Crédit : Patrice Cassier

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